J’ai décidé de m’écrire (cette fois c’est la bonne (du curé))

Chère moi-même

 

Devant le manque d’implication évident dont fait preuve ton lectorat, je décidai par vote à main levé pendant lequel la totalité de ma main droite s’est levée comme pour dire d’une seule voix, qu’il était préférable (de lapin) de mettre son immobilisme sur le compte de l’incrédulité (citron).

Ainsi, il est de mon devoir de montrer l’exemple, et pour prouver ma bonne foi, m’en vais m’auto-conseiller sur un sujet grave.

 

Pour des raisons évidentes de confidentialité, j’ai ôté du message que je me suis envoyé certains détails qui pourraient s’avérer gênants pour moi-même, comme je le ferais avec tous les courriers que vous m’enverrez.

   

Le sujet grave : Voilà, moi-même, j’ai un problème (c’est gentil de préciser j’aurais presque pu croire que tu m’écrivais pour débrider ton stylo neuf). J’ai 28 ans, bientôt j’en aurais 29 (ah tiens, t’as pas de chance toi, tu vieillis) et… bien que cela me gène terriblement d’exposer mes histoires de fesses, je dois te parler car je vis une situation intolérable (de la pin ?).

Cela fait des semaines que ça dure. Je ne sais plus par quel bout prendre le truc (tu veux un dessin ?).

C’est tellement douloureux que la simple perspective d’y aller me fais plus peur que si on me proposait de me démaquiller avec du White Spirit (en effet).

 

Ma chère moi-même, j’ai besoin de toi, peux-tu me dire ce que je dois faire, qui dois-je aller voir ?

 

Merci encore moi-même pour toute l’aide que tu m’apportes.

 

La réponse avisée : Chère moi-même,

 

Apparemment tu souffres. Je sais, je suis perspicace, c’est mon boulot. Tu n’as pas idée à quel point je comprends ta douleur. Je sais, je suis empathique, c’est mon boulot.

Tu as mis le doigt sur un problème qui concerne beaucoup plus de gens qu’on ne le pense, et pour cela, je dois te remercier et aussi te demander d’aller te laver les mains, s’il te plaît.

 

Les hémorroïdes se traitent facilement, et pour cela tu as plusieurs manières de procéder : tu peux aller voir un généraliste qui te donnera un traitement. L’avantage c’est qu’il n’auscultera pas l’endroit, t’évitant ainsi l’humiliation de la position dite du « lotus en pleine éclosion ». L’inconvénient, c’est que pour compenser, il t’abreuvera de questionnements savants et de solutions scientifiques propres à te dégoûter à tout jamais de toi même. Pour allier la pertinence à l’exhaustivité, je te livre ici-même une partie de ces éléments, recueillis après une enquête approfondie (mais pas tant que ça) : « blablabla … réduire l’inflammation dans l’anus… blablabla … ramollir les selles … blablabla … suppositoire …. Blabla … côté plat d’abord… blablabla … aux toilettes … une éponge … blablabla … toujours la même (et là théoriquement tu penses « il plaisante la ? ») … blabla nettoyer doucement … blablablabla … manger des fibres … blablabla ça vous fera 20 euros ».

Si cette option tu choisis, penses à te munir de pensées positives.

 

Sinon, tu peux aussi allez voir un Gastro-entérologue, ou bien un urologue, ou alors encore un autres ologue, mais pas un psychologue car si tu lui parles de ton cul, il risque de te garder.

 

Celui-ci ne te parlera pas autant, et ne te prescrira pas un sac poubelle 50 litres plein de médicaments, en revanche il te demandera gentiment mais fermement, de te placer dans la fameuse position sus-citée de façon à te cautériser cordialement le trou de balle. Ainsi, les vilains bobos ne reviennent plus jamais.

Si cette option tu choisis, penses à lui demander si ça marche avec les poils (ça peut intéresser plein de monde).

 

Ah, on me signale que j’ai très mal camouflé ton problème personnel… oups !

 

Je sais, je suis une bouffonne, et ça c’est pas mon boulot (mais j’aimerais bien).

 

Macha Térangée (au placard)

Commenter cet article